30 janvier 2006
16 mai 2004 : Sound of silence aux Galápagos
C'est dimanche !
Michel et Patrick sont partis en excursion. Moi, je reste à la base dans un but bien précis : assister à la messe. Non, ce n’est pas une erreur de frappe, et, oui, vous m’avez bien lu. Lydia m’a promis un spectacle peu banal. En même temps, mes seuls points de comparaison, c’est un mariage et un enterrement. Elle m’explique donc comment est censé se dérouler un office.
À l’entrée de l’église se tiens un moine tout droit sorti du « Nom de la Rose ». Le total look, robe de bure ! ceinture en corde ! Il a fait ses études à Rome, ce qui permet à Lydia de pratiquer son italien (Lydia e italiana).
L’église est plutôt sobre, fraîche et aérée (on a ouvert les persiennes). Les vitraux s’inspirent de la faune locale et les scènes religieuses sont habitées de pélicans, d’otaries et de dauphins.
On m’avait averti, mais je suis frappée par la jeunesse des mamans, certaines semblent avoir à peine 18 ans et traînent déjà deux mouflets. À mon âge, la plupart des femmes sont grand-mères !
Le prêtre à un tempérament latin. Il s’exprime haut et fort, et beaucoup avec les mains. Un orchestre est installé au balcon (il doit bien y avoir un mot spécial, mais je l’ignore… C’est comme le balcon au Max Linder, derrière et à l’étage). Il y a des tambours et tambourins, deux guitares et trois choristes.
Pendant la messe, on chante à tue-tête et on tape dans ses mains. Le prêtre et le moine motivent les fidèles au micro. On finira sur Sound of Silence de Simon and Garfunkel sauf qu’ils ont changé les paroles. Mais qui de la poule et de l’œuf… Qui détient les droits à la Sacem, Simon and Garfunkel ou le petit Jésus ?
Je m’attends à des applaudissements, et bien non, figurez-vous que la tradition veut qu’on se fasse la bise et qu’on se serre les mains en se souriant pour se montrer comme on s’aime. Trop mignon !
C’était chouette. Après ça, on va se boire un pot au bistrot, dans la grande tradition catholique.
Le soir, pendant que Maurice tchat sur le net à l’Internet café, on déguste avec Lydia notre désormais traditionnelle glace italienne au couché du soleil. Il est 6h et notre attention est attirée par le terrain de volley. Pas de joueur, pas de match ce soir-là. Que se passe t-il ? Les adultes ont déserté le terrain pour laisser la place aux enfants. Et j’en connais des petits français qui auront envie de passer leurs vacances aux Galápagos quand ils sauront ce qui attirait ainsi les enfants du village.
Par ce fameux bateau d’avitaillement dont je vous ai parlé avaient été livrés… Des mini quad (vous savez, ces motos à 3 roues basses sur pattes). C’est le manège local. Les enfants les louent pour quelques minutes. Ils s’éclatent. Garçons et filles rivalisent d’audace au volant de leurs engins de mort comme diraient nos grand-mères. C’est à qui osera monter le plus haut sur la rampe de skate. C’est à qui prendra le virage le plus rapide, le plus serré. Même les plus petits prennent le volant. Les parents derrière eux retiennent l’engin par une longe improvisée.
Moi, quand j’étais petite, j’avais à peine une orange et une voiture en bois ! La génération de l’enfant roi ! Pourris gâtés. Pourquoi j’suis trop grande ? ! Je suis super jalouse !
Santa Cruz, Galápagos, 00° 45' S - 90° 18' W
27 janvier 2006
14 mai 2004 : Tortues géantes et iguanes au Darwin Center
Le Centre Darwin s’étend sur près de trois kilomètres. Il débute à l’est de la ville et se poursuit le long de la baie. Avant d’atteindre les fameux enclos des tortues géantes, on chemine le long d’un sentier de terre rouge que borde des épineux et des cactus géants. C’est le paradis des lézards.
Là encore, je suis frappée par les odeurs. Elles montent de la terre et des épineux en effluves entêtantes. Il fait chaud et humide. Le ciel est couvert. Il a plu ce matin et Santa Cruz exhale son capiteux parfum. C’est aussi fort que les odeurs que dégagent la myrte dans les sentiers Corse, mais c’est plus acre.
Après les pélicans de Disney, rencontre avec E.T. On nous présente en premier lieu les bébés tortues qui font quelques centimètres, Puis les femelles dont la carapace atteints bien 1 mètre de diamètre, puis les plus imposants, les mâles.
Elles doivent être d’une force colossale pour déplacer ainsi leur carapace. Elles se meuvent avec aisance. On ne peut pas parler d’une démarche gracieuse, mais ce qu’on peut dire, c’est qu’une fois mise en branle et lancées dans une direction donnée, on voit mal ce qui pourrait soit les arrêter, soit les détourner de leur objectif. L’animal totem de tonton en somme : la force tranquille !
Elles manifestent aux malheureux touristes un formidable dédain, se contentant d’un grognement par-ci par-là pour mettre un terme à des manières qu’elles considèrent parfois comme trop familières. Vous ne faites manifestement pas partie de leur univers, alors veuillez passer votre chemin : ici, on sieste !
Les tortues sont parquées dans de vastes enclos, et y sont élevées pour êtres remis en liberté une fois adulte, réinsérées dans leur île d’origine (un programme que certains aimeraient bien appliquer en France, mais à des êtres humains !).
Rien ne préparait au triste spectacle qu’offre les enclos des iguanes terrestres. Ce sont manifestement des modèles d’exposition, là dans le seul but de séduire le touriste. Je ne m’en plaindrais pas, car c’est bien la seule occasion que j’aurais d’en voir en vrai, mais je me serrais attendu à une mise en espace plus respectueuse de ces reptiles issus d’un autre âge.
Le salut des iguanes devait résider dans deux techniques, le « profil bas » et le « vous avez quand même pas assez faim pour manger ça ! ».
Ils se confondent donc avec leur environnement. Safran et rouge pour les iguanes terrestres qui vivent sur le sable et les roches ocre, gris anthracite pour les iguanes marins qui nichent dans le basalte du bord de mer. Je les découvre par hasard en empruntant un petit sentier non balisé qui descend jusqu’à la plage. J’ai plusieurs surprises en arrivant : une superbe vue sur Bahia Academia, un pélican particulièrement placide qui se laissera photographier d’à peine 2 mètres et les iguanes marins.
Eux, ils te crachent dessus quand tu t’approche.
Le reste de notre séjour à Santa Cruz sera ponctué de shopping entre filles, restau avec groupe de musique folklorique qui joue trop fort et trop mal, palabres avec Maurice et Lydia, glaces italiennes sur le port au couché du soleil, coiffeur pour Michel qui revient métamorphosé, bref, l’ordinaire peu enviable des gens contraint de vivre au soleil dans des contrées lointaines sans obligations d’aucune sorte.
Santa Cruz, Galápagos, 00° 45' S - 90° 18' W
25 janvier 2006
14 mai 2004 : Des pick-up qui flottent, les Barbapapas, ça n’existe pas ! Sauf aux Galápagos
Ce matin, c’est la fête à Puerto Ayora. Le bateau d’avitaillement de l’île vient de rentrer dans la baie. Ce qui m’alerte, c’est de voir flotter un pick-up truck jaune. Je n’ai pas encore fini mon café, alors je ne me formalise pas. Pourtant, lorsque je relève à nouveau les yeux de ma tasse pour jeter un coup d’œil par les hublots, je vois toujours flotter ce pick-up truck jaune. La méthode de déchargement est donc la suivante. On entasse sur de grandes barges une foultitude de matériel (de la commode au dentifrice en passant par les scooters et les T-shirts). Des barques équipées de puissants moteurs se mettent à couple des barges et les guident jusqu’au port.
Ici, on vit du tourisme, alors, les plaisanciers, on les soigne. Les taxis boat, jolies petites barques de pêcheur jaunes et bleues, viennent vous chercher à votre bateau pour vous conduire à terre sur un simple appel de corne de brume. C’est un service payant, mais qui évite d’utiliser l’annexe et permet à chacun d’avoir sa liberté de mouvement.
Aujourd’hui, quartier libre. Je pars visiter le centre Darwin. Sur le chemin, je tombe sur la maison des Barbapapas. C’est une photo spéciale pour Efren, Inès, Aloïs, Vincent, Lucas, Salomé, Garance et tous les petits pingouins de ma galaxie. J’ai trouvé la maison des Barbapapas les gars, Elle est à Puerto Ayora et « il y a Barbapapa, Barbamama, Barbalala et Barbatruc ! » Du coup, je garderais la chanson des Barbapapas dans la tête toute la journée.
Plus loin, je tombe sur une scène à la Disney. On dirait bien que c’est la journée des enfants. Sous un auvent sont rassemblés les pêcheurs. La matinée a été fructueuse, le thon était au rendez-vous. Ils nettoient leurs prises pendant qu’autour d’eux se pressent les pélicans. Ils se dandinent, sautillent, se trémoussent et se bousculent, mendiant une tête de poissons ou des entrailles. De vrais toutous ! Lorsqu’on leur lance une aumône, c’est la cavalcade. Battements d’ailes, cris d’intimidation.
Mais la féerie ne fait que commencer : les tortues géantes et les iguanes m’attendent…
Santa Cruz, Galápagos, 00° 45' S - 90° 18' W
23 janvier 2006
13 mai 2004 : Une Remington aux Galápagos


Le village s’appelle Puerto Ayora. C’est un petit bijou. Autant dire que désormais, les grossiers personnages qui trouvent du dernier chic d’aller à Saint-tropez ou à Saint-Barthélemy me paraissent d’un vulgaire !!! Les efforts d’aménagement sont impressionnants. Il y a beaucoup de recherche dans la mise en valeur du site, et ce jusque dans le plus petit détail.
Le front de mer est aménagé en jardin. Çà et là, des bancs attendent touristes et habitants qui viennent s’y poser le soir pour palabrer pendant que les sportifs du village se retrouvent sur le terrain de volley juste derrière.
Il règne là un art de vivre et une sérénité contagieuse. Le premier jour, nous nous occuperons des formalités administratives. Bien sûr, c’est du racket, mais c’est orchestré de main de maître par des fonctionnaires en uniformes blancs d’une classe et d’un chic presque anachroniques (on est pas à Bombay ou en Indochine début XXe pourtant). On se croirait dans un film. Je ne dis pas que le spectacle vaut les 130 dollars qu’il nous coûte, mais il convient d’en profiter pleinement et de faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Nous sommes donc accueillis par ce qui semble être un responsable. Il s’enquiert de la raison de notre visite, et nous fait nonchalamment pénétrer dans une pièce minuscule. Là, on a disposé tant bien que mal 3 bureaux qui ressemblent à s’y méprendre aux bureaux de nos instit de primaire. Sur l’un d’eux trône une vieille machine à écrire, genre Remington, centre névralgique des lieux. On pourrait presque s’attendre à voir débarquer Mickey Spillane ou Philippe Marlone pour récupérer leur bien. Les sous-fifres consultent avec application de lourds registres. Tout le monde se donne beaucoup de mal pour avoir l’air préoccupé, affairé voir débordé et certainement indispensable.
Pour nous punir de ne pas avoir Raymond à notre bord, ainsi que l’indiquent les papiers de sortie du Panamá, on nous fera recopier méticuleusement sur papier libre la nouvelle liste des équipiers… Qui n’est autre que la copie conforme de celle que nous présentons, moins Raymond !
Puis, on nous détail le montant de notre facture, afin que nous ne puissions suspecter la moindre illégalité (un couple en cata refusant de payer la note la fera baisser de moitié. Malheureusement, nous n’aurons pas ce culot).
Il nous faudra l’après-midi pour souscrire aux différentes conditions nous permettant d’être enfin en règle avec la LOI.
Au mouillage, nous rencontrons un couple de lyonnais, Maurice et Lydia, qui naviguent depuis deux ans sur leur Sun Fast 36. Deux anges. Leur générosité et leur gentillesse, c’est le vrai trésor que j’ai trouvé aux Galápagos. Puisse Éole prendre soin d’eux comme ils ont pris soin de moi.
Santa Cruz, Galápagos, 00° 45' S - 90° 18' W
18 janvier 2006
La Sorcière Blanche
Nous aussi, on a notre Sorcière Blanche ! ! !
Elle terrorise l’ensemble de ses sujets. Certains deviennent veules et lâches à son contact. D’autres tentent de résister mais ceux-là sont vite repérés par la Sorcière Blanche.
La Sorcière Blanche pratique sur certains de ses sujets choisis au hasard une lente torture mentale, plaisir sadique fruit d’un esprit malade.
Son chef de la police, au SRH (service des ressources humaines), veille au grain et a des petits dossiers sur chacun d’entre nous. Il fait appel aux plus bas instincts de nos collègues pour les convaincre de faire usage de délation. C'est tuer ou être tué ! Certains sont placardisés dans les oubliettes à côté de la machine à café. D’autres sont tout simplement rayés des effectifs et disparaissent à jamais après être passé à la compta.
Bienvenue dans : LE MONDE DE LA COMM.
Hélas, vous êtes dans la réalité ici et aucune magie ancestrale ne fera apparaître le lion Aslan pour vous arracher au côté obscur et aux griffes de la sorcière et ramener la paix et le bien au Royaume de la Comm. Alors, prends l'oseille et... tire-toi !
Paris, 48° 51' 53" N - 02° 20' 56" E
17 janvier 2006
12 mai 2004 : Enfin, les Galápagos après 9 jours de mer, 9 jours de près
La terre se fait sentir. La première roche que nous rencontrons en arrivant, c’est la Isla Plaza, un bout de cailloux planté au milieu de la mer. Puis se dessinent les contours de la Isla Santa Fe à notre bâbord. Nous prenons nos marques. Soudain des bruits d’éclaboussures. Dans notre sillage sautent des dizaines d’otaries, mes toutes premières otaries en liberté. Elles sont curieuses et joueuses. Nous remontons les lignes de traîne de peur d’en blesser une et sortons les appareils photos.
Un peu plus loin, nous assistons à un spectacle hors du commun. Par notre travers, la mer écume. Serais-ce des hauts fonds ? Mais ils n’étaient pas là quelques minutes auparavant ! Et… les hauts fonds ne se déplacent pas ! Nous finirons par passer juste au-dessus. La mer grouille littéralement de petits poissons. Nous ne saurons pas qui chassait dans les profondeurs, amenant leurs proies à se rapprocher de la surface et bancs de plus en plus compacts, mais c’est impressionnant de se retrouver en direct live dans un reportage de Cousteau.
Nous arriverons de nuit à Santa Cruz, après avoir boosté au bouzin (moteur). Heureusement, le port que nous ciblons, au sud de l’Ile est très bien balisé de nuit. Nous posons notre ancre vers 21 heures dans la baie de Bahia Académia. Les Galápagos s’offrent à nous.
Santa Cruz, Galápagos, 00° 45' S - 90° 18' W
15 janvier 2006
12 mai 2004 : On a franchi l’Équateur
Ce matin à 4 heures 28, nous avons franchi la ligne ! Moment unique. L’Équateur… La ligne imaginaire qui partage le globe terrestre en deux hémisphères. Je n’ai navigué que dans l’hémisphère Nord et pour la première fois de ma vie, j’ai lu ce petit S sur le GPS.
On dit que le franchissement de la ligne est marqué par un rituel de baptême qui remonte aux Vickings. Il s’est installé dans la marine à l’occasion de la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492 et du passage du Cap de Bonne Espérance par Vasco De Gama.
Les grands calmes et les violents coups de vents se succèdent à l’équateur et ce rituel était la bonne occasion pour les marins pétés de trouille de se détendre un peu. Ils bouleversaient aussi l’ordre établi, la hiérarchie disparaissait et un espace hors du temps et des dogmes naissait.
Le passage de l’équateur signifiant pour les marins le basculement vers un mode inconnu, le bateau prenait alors des allures de carnaval, où les matelots de tous rangs se déguisaient de façon burlesque et se livraient à des débordements chaotiques en toute impunité.
Puis, prenait place une parodie de jugement menée par les anciens (ceux qui ont déjà fait la traversée) de façon à initier les jeunes matelots.
À cette occasion, le bateau se transformait en scène de théâtre où Neptune, en Dieu tout-puissant accompagné de diables, diablotins et autres tritons, prononçait la sentence réservée aux novices. Après la réalisation de leur gage, ceux-ci étaient immergés dans un réservoir d’eau, acte symbolique permettant leur purification et leur conversion en vieux loups de mer.
Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous, on a bien Patrick, mais il ne nous porte pas vraiment dans son cœur et refuse d’être réveillé pour nous introniser. Il faut dire que Patrick souffre du rythme des quarts. Michel a établi des quarts tournants afin que nous soyons de veille chaque jour à des heures différentes de la nuit.
La nuit A, on est donc de quart de 21 heures à minuit.
La nuit B, de minuit à 3 heures.
La nuit C, de 3 heures à 7 heures (on rajoute une heure à ce quart car c’est le quart de levé de soleil).
Seul défaut à cette méthode, elle ne permet pas à l’organisme de prendre un rythme et entre le quart de la nuit C (levé 3 heures du matin) et la fin du quart de la nuit A (couché minuit), il s’écoule 21 heures. Il est donc important de prendre du repos dans cette journée-là. Mais Patrick dors mal, les mouvements du bateau l’inquiètent et le manque de rythme provoque des insomnies. Il a refusé les légers somnifères que je lui proposais et est retombé dans le mutisme.
On va donc se débrouiller entre nous, Michel et moi.
Les copains m’ont offert tout un équipement pour mes 30 ans en prévision de mon voyage : veste de quart, salopette, chaussures, et Wichard. Lorsque Michel m’éveille à 3 heures pour mon quart, je revêts mon costume. Michel va s’étendre mais me demande de l’éveiller pour le passage de la ligne. Il fait froid la nuit en ce moment car nous sommes entrés dans le courant de Humbolt. Ce courant est dû à la remontée des eaux froides profondes devant la côte à cors du Chili. Il est dirigé vers l’Ouest et baigne les Galápagos d’une eau fraîche mais extrêmement riche en oxygène et en plancton, ce qui explique la luxuriance de la faune dans l’archipel. Je supporte donc sans mal ma polaire. Avant même que l’aube ne pointe son nez, le GPS frôle les 00° 01’00" N. Il est temps de réveiller Michel. On se sert deux verres de son excellent Cognac, et au moment où le GPS affiche le fameux 00° 00’00", nous trinquons et après avoir versé à Neptune sa part de nectar, vidons nos verres cul sec. Je remets à Michel le diplôme que j’ai préparé et imprimé au Panamá en secret, officialisant son passage. J’ai rajouté l’heure et la longitude à la main. Michel et moi, la tête sous les étoiles, on s’en remets une tournée qu’on sirote rêveurs, songeant aux miles parcourus et à ceux à venir en regardant naître l’aube.

Sur la ligne, 00° 00' 00" NS - 89° 33' 00" W
11 janvier 2006
Grand jeu concours : le mystère Goldorak !
Afin de venir à bout des Golgoth (les méchants), Actarus, quitte le poste de commande de sa navette pour se placer dans celui du robot de combat Goldorak.
Dans chaque épisode, on voit le défenseur de la Terre crier "Transfert" et commander le bouton démarrant la manoeuvre à partir du tableau de commande.
Son siège s'enfonce dans le plancher, prend un tunnel et une première demi-rotation est effectuée. Actarus est alors dos à la sortie du tunnel. Le siège se déplace à vitesse constante pendant quelque temps et réalise une seconde demi-rotation. Le héros se retrouve face au pupitre de commande du super-robot Goldorak.
Mais pourquoi donc ces deux demi-rotations a priori complètement inutiles ?
Chaque jour je vous proposerais une réponse possible que vous découvrirez en cliquant sur "commentaires". J'espère bien que les petits malins proposeront leurs solution et que les lecteurs saluerons les meilleures explications. Le 31 janvier, je vous révèlerais la clé du mystère Goldorak !
Exemple
Réponse Design
Il n'y a pas rétroviseurs sur Goldorak (l'esthétique du robot en aurait pâti gravement). Actarus est donc obligé de se retourner pour vérifier si un enculé de Golgoth n'essaie pas de le niquer par derrière.
Posté par moi-même. Sans rire, qu'est-ce que je me trouve drôle ! ! !
Paris, 48° 51' 53" N - 02° 20' 56" E
08 janvier 2006
10 mai 2004 – Y’a du vent dans les voiles !
Je n’avais pas picolé, et pas fumé non plus (je suis la plus forte ! ! !), mais je m’étais imaginé… Les âmes des marins perdus, une bonne étoile qui veillait sur moi, des fées égarées…
En fait, c’était des mouettes. Décevant en fait. Du coup, pour me consoler, je les ai baptisé Gertrude et Cunégonde. Elles nous suivent et apparraissent de temps à autre, de jour comme de nuit.
Donc, hier, grosse journée avec un vent qui est monté à 30 nœuds. Même pas mal ! Moi, j'aime bien quand ça souffle un peu comme ça. Ça réveille !Qui plus est, le troll, dépassé par les événements, inquiet, nous fiche une paix royale. Il comprend enfin où est son intérêt et je reconnais à peine le petit être malfaisant qu'il était voilà à peine quelque heures dans cet équipier jovial et généreux qu'il est devenu. Attention, attention ! Restons vigilants : il peut à tout moment muter en monstre ! En attendant, je profite !
Aramis est impressionnant de stoïcisme et de stabilité. On avait une longue houle avec des creux de 2 mètres environ. Et lui, un ris dans la grand-voile et 1/3 de génois en moins, il se comporte remarquablement bien. J’imagine à peine les réactions de Squirrel, le petit Mallard de 9m du CNIF dans cette situation. Et nous, on pouvait continuer à bouquiner dans le cockpit sans craindre de mouiller nos livres.
Cette nuit-là, j’ai dormi comme un bébé dans le ventre d’Aramis. Il prendra soin de notre sommeil si on s’occupe bien de lui.
Autant les deux premiers jours, j’étais pressée d’arriver, autant aujourd’hui je ne vois plus les Galápagos comme un but. Le voyage en lui-même me suffit. Mon corps s’endurcit. Je gagne des abdos dignes de ce nom. Mesdames, plutôt que de vous faire chier à Univers Gym en collants roses et body léopard, essayez plutôt de faire un tour du monde à la voile ! Fini les courbatures. Je prends le rythme d’un sommeil découpé et retrouve la forme et l’énergie. En fait, je ne suis pas sûre d’avoir envie d’arriver.
Cela me soulage, car je ne savais pas comment je réagirais à une longue période en mer et le trajet vers les Marquises s’annonce bien.
Vous me croirez ou pas, on n’a pas une minute. J’ai fait une leçon d’Italien et je renâcle à étudier mon livre des Glénans. Les questions se bousculent en nav de nuit et au matin, je les oublie. À partir de demain, je me montrerai plus studieuse.
NB – Michel dit avoir raté son premier pain, moi je l’adore. J’en ai grignoté un bout dans la nuit. Vous imaginez le bonheur que c’est de s’endormir dans la fragrance pain qui cuit dans le four et de se réveiller pour prendre son quart, le trouvant encore tiède qui vous attends… Et vous, le boulot, ça va ? Pas trop dur ?
Pacifique, entre le Panamá et les Galápagos, 02° 43' N - 85° 53' W
06 janvier 2006
8 mai 2004 : Feux follets dans le bleu du Pacifique
Nous avons hissé les voiles le 7 au soir. J’ai pu vivre ma première nuit avec Aramis à la voile. On tire un long bord plein Ouest. Le vent vient du 240. Pile au cap. On espère trouver un vent un peu plus Sud plus à l’ouest. C’est ce que laissent espérer les pilot charts. Je les ai volés sur Internet, et ils nous pemettent d’avoir une bonne idée des vents dominants sur chaque mois de l’année. Comme nous sommes à cheval entre avril et mai, nous faisons des projections. Espérons que le pari sera payant...
Le vent est très irrégulier, passant de 10 à 18 Nœuds sous orage. Les zones de surventes s’anticipent facilement, On peut voir des masses nuageuses sombres qui les annoncent. Par contre, elles se succèdent à toute vitesse.
Cette nuit, j’ai reconnu Orion. Le reste du temps, le ciel était couvert. J’ai cru voir un truc rigolo. Personne ne voudra croire. Non, Xav, cette fois, ce n’était pas une loutre. On aurait dit des feux follets, ou des oiseaux phosphorescents…
Jours sans clopes = 0 (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis)







